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Technique d’isolation de toiture par l’extérieur qui consiste à rapporter un isolant rigide ou souple sur la charpente, le sarking cumule plusieurs points forts : de hautes performances thermiques sans chantier dans la maison, un espace sous combles préservé et une couverture toute neuve.

En plus de ces avantages communs avec la technique d’isolation par panneau sandwich, le sarking permet de conserver les qualités patrimoniales de votre couverture, et ce même si vous possédez un manoir avec une toiture toute en courbes et en tourelles !

Le sarking préserve le charme des charpentes apparentes

Voici les différentes étapes pour mener à bien votre projet de rénovation de toiture en sarking, de A à Z.

Avant les travaux, balisez le terrain

Les études techniques préalables 

La première chose à vérifier avant de mettre en œuvre un sarking, c’est la charpente. Est-elle en bon état ? Suffisamment résistante pour porter une nouvelle couverture et des panneaux isolants (et le cas échéant, en fonction de la configuration de votre toiture, d’éventuels caissons remplis d’isolant souple sur certaines zones) ?

Avant de vous lancer dans les travaux, vous devez donc faire effectuer des études préalables par un bureau d’étude structure qui décrira dans son rapport les éventuelles interventions nécessaires pour la renforcer.

En parallèle, si des insectes grignoteurs de bois se sont invités dans votre charpente, il faudra bien évidement la traiter et remplacer les pièces trop endommagées.

Rénovation de toiture à l’identique ou modification de toiture ? Les autorisations nécessaires…

Si vous optez pour le sarking, vous avez l’embarras du choix pour votre couverture… ou presque !

En effet, dans tous les cas, les règles d’urbanisme vous obligent.

Si vous optez pour un nouveau matériau, vous devrez effectuer une déclaration de travaux. Il en va de même si vous créez de nouvelles ouvertures dans votre toit ou modifiez l’aspect extérieur de vos fenêtres.

Dans le cas d’une surélévation de la toiture ou de modification de l’inclinaison de la pente de toit, une déclaration de travaux ou un permis de construire seront nécessaires.

Enfin, si votre maison se trouve en zone ABF (c’est-à-dire à moins de 500 m d’un monument classé), vous devrez les contacter car le sarking implique de rehausser de quelques centimètres la couverture. Cette surépaisseur a pour conséquence de modifier la position de la zinguerie, mais aussi les appuis des fenêtres de toit. Les services des ABF pourront vous accompagner dans les choix techniques afin de s’adapter au mieux aux contraintes architecturales.

De plus, votre couvreur aura sans doute besoin soit d’un échafaudage, soit d’une grue, pour réaliser vos travaux. Si ces installations empiètent sur la voirie ou chez votre voisin, pensez à demander une autorisation d’occupation de l’espace en mairie. Même punition pour la benne dédiée à l’évacuation de l’ancienne couverture. Et dans tous les cas, n’oubliez pas de prévenir vos voisins !

Le choix des matériaux et du couvreur !

Une fois ces vérifications réalisées, vous aurez à porter votre choix sur les matériaux et l’entreprise qui les posera. Cette étape est celle de l’équilibrage entre esthétisme, performance et budget.

Selon vos attentes, un bon professionnel saura vous conseiller des solutions optimums.

Ainsi, si vous privilégiez l’esthétisme et la performance thermique et acoustique, il pourra vous proposer de reprendre la maçonnerie pour intégrer l’épaisseur de l’isolant. Si vous optez pour la solution économique, la surépaisseur pourra être compensée en rive par des bandes de zinc dont la teinte sera accordée à la façade.

Il procèdera au calepinage de votre couverture (c’est-à-dire le plan de disposition de ses différents composants) pour établir son devis.

Bon à savoir

Pour bénéficier des aides aux travaux de rénovation énergétique, il vous faudra passer par un artisan qualifié et certifié RGE. L’appellation exacte des panneaux isolants mis en œuvre, accompagnée de leur numéro d’avis technique du CSTB et/ou de certificat ACERMI, de leur épaisseur et de leur résistance thermique (6 m².K/W minimum) devront également apparaitre sur votre facture.

Avant de lancer le chantier, assurez-vous que vous êtes bien assuré !

Avant de signer votre devis des travaux, demandez à votre artisan ses attestations d’assurance (responsabilité civile professionnelle et garantie décennale). Elles doivent être valides à la date de début du chantier, et couvrir le type de travaux qui vont être réalisés. C’est une condition sine qua non pour être couvert en cas de malfaçons.

> Le point sur les assurances des professionnels du bâtiment

De votre côté, pensez bien à souscrire une assurance dommage-ouvrage et à faire un état des lieux des endroits par lesquels les ouvriers passeront.

Pendant le chantier

Pour contrôler la bonne réalisation du sarking, pas question de grimper sur votre toit ! En effet, l’accès à la toiture est proscrit, pour des raisons de sécurité et d’assurance. La bonne méthode : appuyez-vous sur les comptes rendus de chantier, et demandez à votre couvreur d’étayer les étapes que nous détaillons juste après avec des photos.

Pour bien comprendre les termes technique, faites un petit détour par le lexique du charpentier et celui du couvreur.

La dépose de la couverture

Votre artisan va retirer tous les éléments de l’ancienne couverture, ainsi que les chevrons existants.

Les pannes sont alors à nu et nettoyées, et les pièces de charpentes qui le nécessitent, changées ou renforcées. La pose d’une volige sera réalisée si votre toiture n’en possède pas. C’est l’occasion d’appliquer un traitement préventif sur la charpente.

Bien entendu, cette dernière devra être protégée des intempéries par une bâche, qui sera déroulée à chaque fin de journée de chantier.

Dans le cas du réemploi du matériau de couverture, si ceux-ci sont en bon état, la dépose et le stockage doivent être faits proprement.

La pose de l’isolation et de l’étanchéité

Une membrane d’étanchéité à l’air pare-vapeur est tout d’abord posée sur la charpente. Elle est fixée avec un adhésif (ou un système de collage par mastic) de façon à se raccorder à la maçonnerie.

Sa présence est essentielle pour assurer une étanchéité totale à l’air et éviter que de l'air humide remontant depuis le comble ne vienne se condenser dans l'isolant et le détériorer.

Seulement ensuite, l’isolant peut être positionné. Les isolants rigides en panneaux sont découpés au préalable puis calfeutrés avec de la mousse polyuréthane. Dans le cas où il est prévu deux épaisseurs de panneaux, ils seront posés en quinconce.

Un écran de sous toiture à Haute Perméabilité à la Vapeur d’eau (HPV) est ensuite mis en place pour protéger votre logement en cas de fuite ou d’infiltration d’eau sous la couverture.

La pose de la couverture

Le couvreur va installer les contre-chevrons et poser trois contreventements (en bas de rampant, à proximité du faitage et à mi pente) : ces panneaux servent à rigidifier le rehaussement de la charpente et à en assurer la stabilité. Les éléments de fixation de la couverture sont ensuite mis en œuvre : contre-lattes et liteaux qui assureront par la même occasion la ventilation de la toiture et permettront à l’humidité de s’évacuer. Et dernière étape, la pose du matériau de couverture choisi.

À noter

Si votre sarking intègre des caissons remplis d’isolants souples ou en vrac comme c’est parfois le cas, les contreventements seront réalisés dans certains des caissons.

A la fin du chantier

A la fin des travaux, vous devez établir en présence de l’installateur le procès-verbal de réception.

Lors de la réception, portez une attention particulières aux finitions, et plus particulièrement :

  • au bon raccord des éléments de zinguerie (jeu de coudes, descente de pluie, gouttières, …), indispensables à un bon écoulement des eaux pluviales
  • aux raccords avec les fenêtres de toit si vous en avez, et à la qualité de la mise en œuvre des tuiles de rives et autre bandeau, qui garantissent l’étanchéité à l’eau.

Conservez bien l’ensemble des documents, des diagnostics au PV de réception, en passant par le devis et la facture ainsi que les fiches techniques des matériaux utilisés pour votre rénovation). Ils vous seront utiles en cas d’intervention ultérieure sur votre toiture.

Du côté de l’entretien

Observez régulièrement votre toit (toujours depuis le sol !) afin de prévenir toute dégradation : des tuiles endommagées, ou encore des infiltrations d’eau visibles depuis vos combles supposent une intervention rapide sur la toiture pour éviter des dégâts conséquents.

Nettoyez régulièrement le contour de vos fenêtres de toit et faites entretenir les gouttières par un professionnel pour garantir le bon écoulement de l’eau de pluie et éviter la formation de mousse. Dès la formation de ces dernières, faites faire un démoussage de toiture afin de faciliter l’écoulement de l’eau et d’éviter les infiltrations entre les tuiles.

Voila, vous connaissez l’essentiel sur la réalisation d’un sarking. Ne vous reste plus qu’à trouver, si ce n’est déjà fait, le professionnel de la situation ! Ce qui peut se faire un peu plus bas… Et pour suivre pas à pas la mise en œuvre de votre sarking, laissez-vous guider par notre checklist !

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