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Une conception d’escalier qui marche !

La tension peut parfois monter autour d’une pose d’escalier mal gérée. Principale cause de désaccords entre les particuliers et leur professionnel : les malentendus, qui peuvent surgir lorsque le projet a été mal documenté en amont. D’où l’importance de définir et signer avec votre artisan un plan d’exécution précis, qui cadrera votre projet dans ses moindres détails et que vous signerez avant de lancer les travaux.

L’implantation de l’escalier

L’escalier, c’est un peu la colonne vertébrale de la maison, autour de laquelle vont s’articuler vos déplacements.

Son implantation doit donc être pensée dans la continuité des circulations existantes ou à venir, afin que celles-ci se fassent de la façon la plus fluide possible, et en toute sécurité. Attention par exemple à ne pas avoir une porte battante mal placée en haut ou en bas des marches qui pourraient provoquer de désagréables collisions…

Qu’il soit adossé à un mur ou niché dans un angle, caché derrière une cage d’escalier (qu’il faudra le cas échéant créer) ou dressé au centre de votre salon façon sculpture magistrale, voire même qu’il fasse office de meuble avec des rangements intégrés, l’implantation de votre escalier doit être définie avec précision sur un plan coté.

L’escalier pièce maitresse de la circulation dans la maison

La pose de votre nouvel escalier supposera peut-être de créer une ouverture dans le plancher supérieur ou de modifier la trémie - petit nom technique de la dite ouverture - existante. Dans ce cas, il faudra passer par la case étude technique préalable. Si elle n’est pas prise en charge par votre fabricant d’escalier, faites appel à un bureau d’étude structure.

À noter

En cas d’intervention sur la structure de votre plancher supérieur, pensez à souscrire une assurance dommage ouvrage.

Les caractéristiques de l’escalier

Forme, cotes, matériau, finitions… S’il y a bien un élément dans les détails duquel le diable peut se nicher, c’est l’escalier ! Des choix de personnalisation à la prise en compte des contraintes de sécurité, le plan d’exécution que vous allez définir et signer avec votre artisan récapitule toutes les caractéristiques de votre futur escalier. Petit listing des points qu’il précise.

  • L’implantation de l’escalier dans la maison.
  • La création ou modification éventuelle la trémie : c’est le moment de voir si cette intervention est incluse dans la prestation ou s’il vous faut passer par un autre corps d’état.
  • Sa forme : droit, ¼ tournant, en colimaçon…
  • Les cotes de l’escalier : hauteur, longueur, et reculement, largeur, angle, longueur de limon, échappée.
  • Les caractéristiques des marches : profondeur de marche, giron, hauteur de marche, pas de foulée, ligne de foulée, présence ou non de nez de marche et de contremarche.
Plan légendé d’un escalier

 

À noter

Pour qu’il soit confortable, les dimensions d’un escalier doivent respecter la Loi de Blondel, à savoir :  60 cm < Giron + 2 hauteur de marche < 64 cm.

  • Le ou les matériau(x) utilisé(s) : bois, acier, aluminium, béton, pierre massive… Vous avez l’embarras du choix, n’hésitez pas à demander des échantillons de matériaux pour vous aider à vous décider. Si vous optez pour le bois, l’essence choisie doit être précisée.
  • Les finitions de l’escalier : vitrification, lasure, vernis, couleurs ou mise à teinte… Vérifiez avec votre artisan si la finition est comprise dans la prestation.
  • La présence (ou non) de garde-corps et main courante : ces derniers doivent respecter la norme NF P 01-012 pour répondre aux exigences de sécurité et de protection des occupants du logement. Le plan d’exécution en précisera les matériaux, forme, hauteur et espacement des barreaux.

Bon à savoir

Si votre artisan se doit de vous proposer un garde-corps pour des questions de normes de sécurité, vous pouvez décider de ne pas en faire installer le long de votre escalier intérieur, en signant un document attestant de votre choix de ne pas appliquer la norme.

  • La présence éventuelle d’accessoires intégrés : bandeaux lumineux, revêtement antidérapant, ornementations rapportées ou sculptées, etc …

Escalier : avec ou sans garde-corps ?

Au moment de définir les caractéristiques de votre escalier et au-delà de son esthétique, vos usages vont être déterminants. Vous avez des enfants en bas âge ? La présence de contremarches sera plus sécurisante. Votre escalier va être fortement sollicité ? Attention aux revêtements qui s’usent vite : mieux vaut investir sur un matériau noble - bois massif, pierre, verre ou métal – que faire de fausses économies avec un bois stratifié dont les angles fragiles s’abimeront rapidement.

Anticiper également vos usages futurs : l’âge avançant, les marches hautes sont moins facilement praticables et la rampe s’avère utile !

Un autre point auquel on ne pense pas forcément : le passage de mobilier, en particulier les matelas et sommier qui risquent tout bonnement de ne pas passer si votre escalier est trop étroit…

Il n’est pas forcément évident de visualiser le rendu final d’un escalier sur plan. Demandez à votre artisan un rendu 3D : même s’il suppose un petit investissement, cela vous aidera à vous projeter dans le projet et son aspect final.

Le choix du professionnel

Votre professionnel a conçu avec vous un plan d’exécution précis et vous a transmis un devis travaux réalisé dans les règles de l’art ? C’est un point rassurant ! Avant de signer, demandez-lui ses attestations d’assurances professionnelles et ses qualifications.

Avant la pose de l’escalier : points de vigilance et travaux préparatoires

Avant de lancer le chantier, vérifiez avec votre professionnel les conditions d’accès et de protection de votre logement : par où les éléments préfabriqués en atelier vont-ils transiter, par où les ouvriers vont-ils passer, quelle protection du logement faut-il prévoir, quels éléments d’aménagement devez-vous déplacer, qui se charge de la mise en sécurité (garde-corps provisoires, rambardes, échafaudage si besoin)…

Tant de petites questions logistiques qui, une fois actées, permettent un chantier efficace et serein !

Place ensuite aux travaux préparatoires.

La création de la trémie

Votre projet suppose la création d’une trémie ? Trois cas de figures se présentent, en fonction de la nature du plancher :

  • Plancher en bois : la structure du plancher doit être renforcée avec de nouvelles pièces de bois pour modifier le solivage existant, avant la création de l’ouverture.

  • Plancher en hourdis : le plancher est étayé puis sa structure est renforcée via, selon les configurations, le coulage in situ d’un encadrement en béton armé ou la mise en place d’une structure métallique.

  • Plancher en béton armé (dalle, plancher collaborant) : une fois le plancher étayé, l’ouverture se fera par sciage du béton, par une entreprise spécialisée.

Bon à savoir

Si vous habitez en immeuble et que vos travaux touchent au plancher (et donc à la structure du bâtiment), vous devrez obtenir l’autorisation du syndicat des copropriétaires, étude structure à l’appui !

La création ou la reprise de la cage d’escalier

Vous avez choisi de cacher votre escalier pour des raisons esthétiques ? La création ou la reprise d’une cage d’escalier en cloisons intérieures acoustiques et la mise en place d’une porte palière amélioreront également l’isolation acoustique entre les 2 niveaux.

Ces travaux se font en amont de la pose de l’escalier, par un plaquiste.

La reprise de l’installation électrique

La pose d’un nouvel escalier suppose généralement l’adaptation de l’installation électrique, place à l’électricien ! Il faudra peut-être déplacer ou créer des points lumineux pour un escalier bien éclairé, et également prévoir les interrupteurs en haut et en bas de l’escalier pour le va et vient. 

La pose de l’escalier

La mise en œuvre de l’escalier reste guidée par les règles de l’art de l’entreprise qui réalise le chantier. Voici cependant les grandes étapes et les points de vigilance associés :

  1. Montage du/des limons. Le limon est fixé dans la structure du bâtiment (au sol, dans le plancher intermédiaire, au mur). Attention aux points de fixations dans la structure du logement : ils doivent pouvoir résister aux nouvelles contraintes imposées par l’escalier, et la vigilance est de mise dans les logements anciens avec des planchers intermédiaires mixtes en bois /remplissage tout venant /chape.
  2. Montage des marches. Les marches sont solidarisées avec le ou les limon(s). Il est fortement recommandé de les protéger le temps du chantier pour éviter qu’elles ne soient endommagées par inadvertance. 
  3. Montage des contremarches. Les contremarches sont fixées sur les marches supérieures et inférieures. A protéger pendant le chantier, tout comme les marches !
  4. Installation des garde-corps et main-courantes. Les garde-corps sont fixés à la structure de l’escalier. Ils doivent respecter des normes strictes de taille, forme et résistance (norme NF P 01-012 pour les logements individuels). Comme évoqué plus haut, en tant que maître d’ouvrage, si vous ne souhaitez pas faire installer de garde-corps le long de votre escalier, vous devez signer une décharge à votre artisan.
  5. Finitions. Place à la vitrification ou à la peinture de l’escalier, à la pose des accessoires (le revêtement antidérapant par exemple) et à leur raccordement électrique éventuel (en cas de contremarche éclairées ou de spots intégrés). Une fois ces opérations réalisées, les murs et les plafonds de la cage peuvent être peints.

La réception des travaux

Ca y est, votre nouvel escalier est posé ! C’est le moment de faire la réception des travaux avec votre professionnel, et donc de vérifier la conformité de l’escalier aux plans d’exécution (implantation, cotes, pentes, forme, matériaux, finitions, …).

Cette étape se matérialise à travers un PV de réception, au sein duquel vous noterez les éventuelles réserves.

Si certains points sont à reprendre, un PV de levée des réserves sera signé une fois les travaux de reprise effectués.

Votre entreprise vous remettra alors le DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés). Ce dossier contient au minimum les plans d’exécution conformes à ce qui a été réalisé, les références des produits utilisés, les notices de matériel le cas échéant, et les consignes d’entretien, qu’il ne faut pas hésiter à se faire bien expliquer par le professionnel.

Pensez également à archiver toute la documentation : les plans, notices, attestations d’assurance, PV de réception, devis et factures.

Vous voilà bien au clair sur les points d’attention lorsque l’on se lance dans la pose d’un nouvel escalier. Pour suivre pas à pas la pose de votre escalier, laissez-vous guider par notre checklist !

Vous cherchez un menuisier qui saura poser votre escalier dans les règles de l’art ? On vous met gratuitement en relation avec des professionnels qualifiés, près de chez vous :

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